Continuer à se sentir jeune


Continuer à se sentir jeune

Dans une société moderne ou le culte de l'image prédomine et ou la quête de la jeunesse éternelle est devenue notre pain quotidien souvent résumée par un coup de bistouri, il m'a été agréable ce midi de déjeuner avec mon oncle, 70 ans au tableau d'affichage, homme brillant par sa carrière et homme bon par les valeurs humanistes qu'il a toujours su m'inculquer.

Etre un homme bon

Quand je dis homme bon, je pense souvent à ces hommes qui ont des bons fonds. Je ne sais pas pour vous mais pour moi, j'ai le plus souvent manifesté à l'égard des personnes âgés un respect indéfectible et une estime de tous les instants. Véritables bibliothèques vivantes, j'ai toujours manifesté à leur égard une écoute bienveillante et une attention minutieuse. Lors de ce repas au restaurant du « Palais Bourbon », refuge de nos chers députés, nous parlions justement d'un thème dont toutes les personnes âgés abordent un jour ou un autre et vers lequel vous et moi nous sommes tous voués : la fin.

Je ne parle pas de mort mais de fin. Et en parlant de fin, nous parlions de la jeunesse et du secret pour la garder. Son constat était plutôt critique. Il me parlait de ces hommes dont la quarantaine laissait croire à des soixantenaires en fin de vie. Des jeunes trentenaires désabusés dont l'austérité faisait croire à des quadras. Partant de ce postulat, il me sortit une phrase merveilleuse et brillante que je pratiquais sans le savoir.

La jeunesse, une question de générosité

Je cite : « La jeunesse est une histoire de cœur et nous avons la jeunesse de visage que nous méritons par nos actes et notre ouverture au monde. La jeunesse : une question de générosité, une capacité à rester émerveiller par le monde et les petits détails qui le compose. Une capacité à être et rester surpris. Une rencontre, un sourire, une petite chose, une aptitude à demeurer admiratif de l'infiniment petit dans un infiniment grand ». Ce sont ses mots. Venant de lui, je n'ai pas été surpris mais dieu qu'il a raison.

C'est vrai, dans un monde, une société ou tout va vite, trop vite, ou le pire ennemi est de sombrer dans nos habitudes, l'indifférence, de sombrer dans les années sans les ressentir de l'intérieur, à demeurer et rester indifférent à des choses simples de l'existence. Et si le pire ennemi de la jeunesse, c'était donc cela ?

A contrario, notre capacité à cultiver la flamme de notre enfance (rien de pire que de la perdre), à laisser en nous germer l'émerveillement de l'infiniment petit ? Et si pour rester jeune, nous commencions à retrouver le goût des autres ? Le goût du monde. Le goût du cœur. Le goût du présent.

Je vous pose la question maintenant.

Et vous, qu'allez-vous faire de votre jeunesse ?

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