Editions "Des ailes sur un tracteur"

Quel gay êtes-vous ? Decouvrez votre portrait dans "Tous les gays sont dans la nature"...

Mardi 3 Mars 2015


Le libre du couple, l'élu dans le placard, le mâle à barbe, le gaymer, le trentenaire calorifuge, le hors-milieu, le militant radical, le pervers narcissique… etc... Tous les gays sont dans la nature : en liberté ! Antoine Le Blanc a dréssé plus de 80 typologies de gays... Subtil, émouvant et surtout hilarant !




 

Plus de 69 typologies de gays hilarants ! Vous pensiez connaître les gays ? Oui, mais en connaissez-vous toutes les… subtilités ? Antoine Leblanc a croqué 69 petits portraits répartis en 13 groupes, et imaginé cette série de « typologies des gays » pour illustrer la variété et diversifier les représentations des garçons qui aiment les garçons, encore trop souvent réduits à 2 ou 3 clichés... alors qu'il y en a beaucoup plus !….

L’hygiéniste du sexe, le prof canon, la gymqueen, le passif dominant, le quarantenaire blasé, Mr Relou ou l’homme marié… Refoulés, militants, intellectuels, drag queen ou obsessionnels : tous les gays sont dans la nature… et presque tous dans ce livre !

Antoine LE BLANC tient le blog “Les esquisses galantes” sur YAGG depuis Aout 2013.

Dessin de couverture : Silver http://silverblogbd.blogspot.mx/


MORCEAUX CHOISIS 
Quel gay êtes-vous ? Decouvrez votre portrait dans "Tous les gays sont dans la nature"...
 
Le trentenaire calorifuge
Le seul poids que l’homme supporte avec plaisir, c’est celui de l’amant. Mais il vaut quand même mieux que le plus lourd soit dessous.
 
Le caramel mou
Les gays caramels mous sont bons comme tout, sucrés, tendres, addictifs, ils vous fondent dans les bras ; mais ensuite, ça vous colle, ça s’incruste, et on a du mal à s’en débarrasser. Vous vous souvenez du Carambar qui se colle entre vos dents comme de la superglu ? Il faut avoir de bonnes dents. Parfois, c’est le Carambar qui gagne, et quand il part, il emmène avec lui une petite partie de vous.
 
Le gendre idéal
J’ai été un gendre idéal pendant suffisamment longtemps pour me permettre de prodiguer un conseil tout simple, aussi bien aux gendres idéaux qu’aux victimes consentantes de leurs charmes manipulateurs et bienséants : baisez le plus possible.
 
L’hypocondriaque
Le gay hypocondriaque n’est pas tant un malade imaginaire ou un dépressif qu’un poète, capable d’improviser des psalmodies interminables à partir de sources d’inspiration extrêmement ténues, par exemple un bouton solitaire. Ne riez pas trop vite : transformer une sensation de mal de gorge en présage mortuaire cauchemardesque, l’agencer avec finesse dans un engrenage de symptômes sur lequel plane l’ombre glaciale du destin, vivre cette sensation avec terreur mais élégance comme s’il en allait non seulement de sa propre vie, mais du souvenir et du vide que l’on est sur le point de laisser à ses proches : tout cela requiert un talent consommé, une technique cultivée depuis la plus tendre enfance, en général grâce aux leçons et attentions intarissables d’une mère surprotectrice.
Il n’est pas impossible que certains gays aient une tendance à l’exagération et un talent pour la grandiloquence qui pulvérisent la concurrence hétérosexuelle.
 
La figue mûre
Il y a des gays qui ressemblent à de grosses figues bien mûres, rondes et fermes, extrêmement juteuses ; ils peuvent être un peu angoissants à première vue mais ils sont délicieux dès qu’on commence à y goûter.
 
Le lessiveur pathologique
Il se trouve qu’il est de bon ton, dans nos sociétés, de ne pas porter de vêtements sales lorsque l’on sort, sauf bien entendu si l’on a prévu une soirée avec un garçon qui aime les odeurs de vécu. En conséquence, il est nécessaire de laver son linge régulièrement, y compris le linge de maison d’ailleurs, même en l’absence de morpions. La plupart des gens possèdent donc une
machine à laver, sauf les gays qui continuent à penser qu’ils trouveront dans un lavomatic l’homme de leur vie.
 
Le gay rive gauche
Autant le reconnaître immédiatement, la catégorie « gay rive gauche » est un abus de langage. Il arrive à ces personnes de passer la Seine beaucoup plus souvent qu’elles ne sont prêtes à l’admettre. L’important est d’avoir une adresse rive gauche, peu importe qu’on passe sa vie dans le marais ou à Belleville (non, là c’est une blague, le gay rive gauche ne va jamais à Belleville).
Le gay fermier
Le marketing du gay rural est moins efficace que celui des produits alimentaires, c’est d’ailleurs la tragédie des campagnes françaises.
 
Le mec paumé
Oui, c’est un inventaire à la Prévert, comme on dit : un kaléidoscope chaotique de personnalités perdues, çà et là, dans un long marécage dont ils sont les héros. Des insectes perdus sur un immense plateau rocheux, ou bourdonnant dans le vent ; des poussières voletantes dans la lumière. Les personnes qui se perdent sont la poésie du monde.
 
L’artiste pilier de bar
L’artiste pilier de bar gay est celui qui vous regarde d’un air pénétrant, à la fois inquisiteur et inspiré ; et qui reste silencieux pendant que vous meublez la conversation, jusqu’à ce qu’il ait réussi à vous donner l’impression qu’il vit sur une autre planète et qu’il ne s’intéresse pas du tout à vous. Ce n’est pas tout à fait une illusion, d’ailleurs.
 
Le quarantenaire blasé
Le manteau beige flottant au vent (mais bien ajusté), la barbe désinvolte (mais pas trop), le sourire rare et le rire réservé à ses amis proches : le quarantenaire blasé se tient devant vous, avec ce mélange surprenant de certitudes et de distance, de confiance en soi et d’instabilités fugaces, de comptoir du commerce et de littérature classique. Artiste de métier ou à ses heures, il ne fréquente le « milieu » gay que lorsque c’est strictement nécessaire, par exemple quand il fait visiter Paris à un ami étranger, ou quand il a besoin de montrer aux autres qu’il est un garçon ouvert.
J’avoue que je suis malheureusement particulièrement attiré par les quarantenaires blasés, ce qui m’a valu un nombre absolument considérable de vents. On s’en remet assez facilement : on se recoiffe et on recommence.
 
Le philosophe vieillissant
Nous avons de la chance en France : nous produisons en série des intellectuels de haute tenue, d’envergure mondiale et historique, en tout cas selon leur propre opinion d’eux-mêmes. Parmi eux, aucun n’est gay, ce qui peut paraître curieux, étant donné que l’attirance des gays pour l’incandescence du milieu médiatique est plus irrépressible que celle des moucherons pour les lampes qui vont les griller avec un adorable petit grésillement et un délicat fumet épicé. Je peux proposer plusieurs hypothèses pour expliquer cet état de fait. Première hypothèse : en France, pour être considéré comme un intellectuel médiatique, il faut avoir les cheveux mi-longs et en bataille, ce qui est pratiquement incompatible avec le fait d’être gay.
 
Le refoulé
J’ai couché une fois avec un garçon qui se disait hétérosexuel, et qui m’a dit, immédiatement après avoir joui : « bon, c’est quand même mieux avec les filles ». Je lui ai dit que je le remerciais du compliment, que c’était extrêmement délicat de sa part, que les amants appréciaient généralement qu’on leur dise que c’était mieux avec le ou la précédent-e. Bon, non, en fait, je ne lui ai pas dit ça : j’aurais bien aimé, mais en réalité j’étais vexé comme un pou, et déçu parce que ça avait l’air de dire qu’il n’allait pas vouloir recoucher avec moi. Et puis, pour être sincère, ça n’avait effectivement pas été génial.
Les hétéros, c’est comme les canapés, c’est souvent convertible; mais, une fois converti, c’est assez peu confortable.
 
L’élu hors placard
Il s’agit là d’une espèce en voie d’apparition. C’est un phénomène suffisamment rare pour qu’on le note, en ces temps de catastrophes biologiques à répétition ; toutefois, les scientifiques ne sont pas encore en mesure d’affirmer si l’espèce tend à s’acclimater et à se multiplier, ou s’il s’agit d’une mutation passagère.
 
Le prétendu littéraire : l’auteur gay
On pense toujours qu’un bon littéraire doit être nul en maths. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas bronché lorsque mon éditeur m’a dit : finalement, on ne va pas couper la moitié de ton texte, seulement les trois cinquièmes. Merci, ai-je dit, ça me touche.
 
 

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